24ème Derby de la Meije

Written by admin on. Posted in Les nouvelles du front de neige...

Pour cette 24ème édition du plus grand Derby de la planète (1100 inscrit-e-s), Sluff a envoyé un seul représentant… Des contraintes diverses et variées ayant fortement impacté les autres sluffeurs (de la peur du vide au week end en amoureux – on en a entendu des excuses à 2 balles :-)

Eric dans le schuss du glacier

Eric dans le schuss du glacier

Même pas de quoi monter une équipe, qui, rappelons-le, doit être mixte et composée de 3 engins de glisse différents)

Bref, un Derby c’est une bonne dose d’intox avant, et des tonnes d’excuses après….

Le manque de neige en bas des vallons de la Meije a dû forcer les organisateurs a placer l’arrivée en bas de la Moraine (vers 2200m au lieu des 1800 habituels). De plus les entrées du mur des Vallons étant fortement soufflées et déneigées, l’entrée s’est faite en passant au dessus de la motrice des Trifides.

Du coup c’est un Derby raccourci qui attendait nos petites cuisses… petit, mais costaud ! Le peu de chutes de neige avait laissé en place de belles bosses bien creusées à souhait ! Attention, pas des bosses de freestyleuse comme à Verbier… des vraies grosses déferlantes avec de la glace dans les fonds, bien dégelées/regelées une vingtaine de fois… du pur bonheur !

Meech est arrivé au stadium le mardi, accompagné par Eric, un pote lyonnais, mais aussi monoskieur. Après une visite traditionnelle au Bois des Fées, mais sans excès cette année, on retire les dossards : Le 1014 pour Eric qui évitera donc le carrelage cette année et le 546 pour Meech, ce qui le place 5 lignes de départ (env. 5mn) avant un certain Cédric Pugin que les sluffeur-euses derbystes connaissent déjà…

L’objectif de Meech est donc clair : Mettre la pâtée à son pote Eric et passer la ligne d’arrivée devant Pugin… Plus facile à dire qu’à faire comme le montrera la suite…

Mercredi et jeudi sont dévolus aux reconnaissances diverses, hésitations sur la ligne la plus rapide, intox des autres concurrents (« moi de toute façon je freinerai après la ligne d’arrivée… »).

On en profite quand même pour sortir des vallons et aller traîner sur le glacier de La Girose pour trouver 15 cm de bonne fraîche tombée dans la nuit. Et comme on est pas des marmottes autrichiennes, on s’était levé tôt pour faire les premières traces à 3600m… Du bonheur inespéré à cette saison…

Passage du col du Lac et encore de belles pentes à tracer jusqu’au refuge Chancel.

On a fini dans les couloirs du Lac Vacher, dans une étroiture obligeant à une entrée en « straight » bien old-style !

Fin du run dans les mélèzes pour un retour à P1 en skiant les bouses de vache apparaissant ça et là sous la neige fondue…

Briefing course : Rien de particulier si ce n’est que le passage à la motrice est confirmé, ainsi que la pose d’une main courante pour passer le ressaut rocheux et prendre pied sur le glacier en dessous… Déchaussage obligatoire il parait…

Quelques bières et une bouteille de rouge plus tard, c’est dodo en répétant la ligne en rêves…

6h45 – bip-bip du réveil de Meech…

Au radar pour le petit dèj’ on envoi un café bien fort puis on va chercher les palins au shop du coin qui a bossé jusqu’à 4h pour nous les préparer « façon course »…

Check DVA, perception de la ceinture Recco et hop, dans les bennes jaunes et rouges bien connues…

3600m, même pas froid – environ -5° pas pire – 2 descentes du glacier pour tenter de chauffer les cuissots qui, de toute façon, auront refroidi d’ici le départ…

5, 4, 3, 2, 1…. je pars… 0 ! la demi seconde grapillée qui permet de pas se prendre le sillage d’un autre concurrent… et lui faire goûter celui mes Sevun…

P… ca tape vraiment dans le shuss initial, j’arrondi un peu la courbe pour pas exploser… Et voilà un malotru qui en profite pour me passer devant !

Enf… je remets les palins dans l’axe et je lâche les chiens derrière ce lièvre… Peu importe la trainée, on est maintenant sur la partie damée du glacier, alors on se met à plat ventre sur les skis et on bourrine vers la barre fatidique des 100km/h… pas tomber, non, pas tomber…

L’année dernière Eric s’était incrusté son DVA entre 2 côtes à cet endroit…. pas penser…non, pas penser…

400m plus bas, toujours couché sur les lattes, je sens que ça ralenti… P… je vais quand même pas devoir pousser sur les bâtons… à 3200m je vais la roter…

Ok, je me relève, 2 ou 3 poussées et je suis au pied de la motrice… Effectivement le sol est noir de schistes… 540 participants ont raclé ce qui restait de neige sur cette foutue épaule de terrain…

Déchausser ? Même pas en rêve ! Je balance le reste d’oxygène de mes poumons dans quelques grands pas en escalier dans la terre noire… et je débouche au dessus du ressaut rocheux, la main courante m’attendant à ma droite pour me conduire sur une plateforme de neige 10m plus bas pour rechausser…

Dilemme… 30s à déchausser, descendre la main courante, rechausser sur le plateforme…ou alors…

BAM ! Pas le temps de réfléchir, je plonge skis aux pieds dans le ressaut, au milieu des lauzes et des schistes, en direction de gros sharks affamés qui m’attendent 30m en dessous…pas penser, non, pas penser…

Vivant ! Je suis passé ! Rester lucide, retrouver la ligne initiale… P… j’ai pas reconnu cette partie du parcours… je serre a gauche, direction des entrées infranchissables pour reprendre mon cheminement prévu…

3000m…Le champ de taupinière qui matérialise le glacier me brûle les cuissots…

2800… Les taupinières deviennent des déferlantes atlantiques… à la limite de l’explosion, j’opte pour une technique peu glorieuse mais efficace en derby : Le dérapage plus ou moins contrôlé à pleine vitesse…

2600… je suis mort… je vais beaucoup trop vite et j’ai devant moi une traversée qui se fini par un mur bien rapide… je dois lever le pied pour y arriver vivant…. miracle ça marche, les Sevun redeviennent contrôlables… le chrono en prend un coup mais là je suis en mode survie, alors…

2400… le mur est passé, certes pas à mach 12 comme convenu, mais je respire à nouveau… presque lucide… Je lâche les palins dans l’axe de la moraine.. P… ça accélère fort… Je vois presque la ligne, pas flancher maintenant…

2300… Elle en fini pas cette moraine… il me faut garder un peu de jus pour le shuss final qui va être en carrelage comme d’hab…. je lâche du lest avec la technique d’Eric consistant à enchaîner traversées de repos et plongeons successifs dans la pente…

Maintenant ! je la vois, la ligne… encore 100m à tenir, je pousse les gaz à Mach 12 dans des traces gelées… Pas tomber, non pas maintenant… Les vibrations me brouillent la vue…

Encore un surfeur et un skieur à doubler… Ouf la ligne !

Comment ? Déjà ? J’ai l’impression qu’il me restait encore du jus…. ou pas ! Je sais plus… je reprends doucement mes esprits, j’ouvre les yeux, me retourne…

La comète Pugin passe la ligne en supersonique et vient mourir à mes pieds… A voir sa gueule, il a quand même les cuissots qui piquent… Il va mettre 2 bonnes minutes avant de se relever…. Ya une justice quand même !

Bref, un objectif de rempli !

Tranquillou je guette l’arrivée d’Eric qui déboule de la moraine dans un straight de la grande époque… Un bon chrono pour lui en perspective…

Retour sur P1 par les sentiers transformés en coulées de boue… il doit faire 23° à P1…

Descente, petit verre de Chartreuse puis diots/polente… On croise les potes skipasseurs, on ressort les vielles excuses (j’avais pas le bon fart sur les lauzes… etc.)… on descend des bières… du rouge…de la Chartreuse… on chambre abondamment ceux qui ont pris la main courante…

La suite ? Ben ce qui se passe à La Grave doit rester à La Grave….

 

Ah, au fait, le deuxième objectif est atteind lui aussi !

Eric : 427 ème au scratch en 9:00 – 16 ème monoskieur (belle perf, bravo !)

Meech : 374 ème au scratch en 8:31 – 303 ème skieur

Cédric Pugin : 2 ème , (11 secondes derrière Nicolas Anthonioz) en 3:17… no comment

 

Pour les photos…. Ben mon APN affichait « No Memory Card »…. Il n’y a donc que quelques photos

 

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